Clarification : L’interdiction des véhicules thermiques en 2035 n’explique pas la crise actuelle de l’industrie automobile

23 novembre 2025 -
Anne

Au volant, on voit bien les voitures qui vieillissent sur nos routes pendant que le marché européen semble se serrer comme un frein à main coincé. Pourtant, loin des idées reçues qui associent la fin programmée des motorisations thermiques en 2035 à la crise de l’industrie automobile, la réalité est ailleurs. Un député européen a récemment mis en lumière des causes plus profondes et plus concrètes : la flambée des prix à l’achat et la perte des marchés stratégiques comme la Chine. Ces facteurs, bien tangibles, pèsent bien plus lourd que les interdictions futures sur l’équilibre des constructeurs, avec des répercussions immédiates sur la production, l’emploi et l’offre accessible aux conducteurs.

  • Le marché européen a chuté de 6 millions de véhicules neufs depuis 2019, une baisse qui s’explique surtout par des prix en forte hausse.
  • Le coût moyen des voitures neuves a augmenté de 40 % entre 2018 et 2024, dépassant nettement l’inflation générale.
  • La stratégie des constructeurs favorise les marges au détriment du volume, éloignant la classe moyenne de l’achat neuf.
  • Le recul sur le marché chinois aggrave la situation, car cet espace est désormais clef pour l’industrie auto mondiale.

La hausse des prix, frein majeur pour le marché automobile européen

Imaginer une leçon de conduite où un élève se bloque parce que la voiture est trop grande, pas confortable, ou simplement trop difficile à manier : c’est une image un peu semblable à ce qu’on observe chez beaucoup d’acheteurs européens aujourd’hui. Dans une logique similaire, le prix prohibitif des véhicules neufs rend la prise de possession beaucoup plus compliquée pour une large partie de la population.

  • Entre 2018 et 2024, le tarif moyen d’un véhicule neuf a bondi de 26 000 à 36 700 euros.
  • Cette hausse représente plus de 40 % d’augmentation, un écart très large face à l’inflation habituelle.
  • La tactique adoptée par des constructeurs, illustrée par Stellantis, montre une préférence nette à vendre « moins de voitures, mais plus chères ».
  • La conséquence est la diminution des volumes produits, qui entraine un rétrécissement du marché et une fragilité accrue des emplois dans les usines.
Indicateur Avant (2018) Après (2024)
Prix moyen d’un véhicule neuf (euros) 26 000 36 700
Variation du marché européen (unités) Référence 2019 -6 millions

Comme lorsqu’un élève ressasse un geste technique sans en comprendre le rôle précis, les clients ont été pris au dépourvu par ce repositionnement tarifaire, qui éloigne chaque année davantage la moyenne des acheteurs. Cela s’observe aussi par la montée en âge des véhicules sur les routes, signe tangible que se procurer un véhicule neuf devient une exception plutôt qu’une norme.

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La perte du marché chinois, un écueil stratégique pour les constructeurs

Dans les trajets comme dans l’industrie, il faut savoir anticiper les virages risqués. À l’export, la perte des parts de marché en Chine illustre un tournant crucial. La Chine est désormais le plus grand marché automobile mondial, un terrain où la concurrence locale s’est mieux positionnée sur la transition électrique.

  • Les constructeurs européens peinent à suivre l’agilité et la variété des offres proposées par les fabricants chinois.
  • Les normes environnementales ne sont pas la cause principale des difficultés, même si elles contribuent à l’alourdissement des véhicules.
  • La vraie difficulté réside dans les choix commerciaux, parfois déphasés face à une industrie qui transforme ses modèles à vitesse grand V.

Repenser une industrie automobile accessible et compétitive

En formation comme sur le marché, le secret réside souvent dans la pédagogie progressive. Pascal Canfin invite à revenir à un positionnement plus centré sur l’accessibilité et la compétitivité. Cette méthode vise à toucher le plus grand nombre et sauver ainsi l’industrie sur le long terme.

  • Développer des modèles électriques compacts aux prix abordables, pour ne pas exclure la classe moyenne.
  • Maintenir une production locale pour sécuriser emploi et savoir-faire sur le continent.
  • Reprendre pied sur les marchés internationaux, en particulier asiatiques, à travers des offres innovantes et adaptées.
Solutions proposées Objectifs
Gamme électrique compétitive Accessibilité financière et réduction des émissions
Production locale Conservation des emplois et souveraineté industrielle
Reprise des parts de marché internationales Renforcement de la position stratégique mondiale

Cette approche pragmatique rappelle que vouloir décarboner ne signifie pas couper l’accès à la mobilité. Dans les leçons de conduite comme dans la gestion industrielle, il faut entendre les besoins réels, petits à petits, pas à pas. Cela implique de construire des voitures à la hauteur des attentes sans exclure les conducteurs futurs, pour que sur la route, tous trouvent leur place et roulent en sécurité.

L’interdiction des véhicules thermiques en 2035 est-elle la cause principale de la crise actuelle ?

Non, la crise actuelle de l’industrie automobile européenne est surtout due à une hausse importante des prix des véhicules neufs et à la perte des marchés clés comme la Chine, et non à l’interdiction future des moteurs thermiques.

Pourquoi le prix des véhicules neufs a-t-il autant augmenté ?

Les constructeurs ont choisi une stratégie commerciale visant à vendre moins de voitures mais à des prix plus élevés pour maximiser les marges. Cette décision a rendu l’accès au véhicule neuf moins abordable pour une partie importante de la population.

Comment les constructeurs peuvent-ils rebondir face à ces défis ?

Ils doivent développer des gammes électriques abordables, maintenir une production locale pour préserver l’emploi et reconquérir les marchés internationaux, notamment en Asie, pour mieux s’adapter à la concurrence et aux attentes.

La transition vers l’électrique peut-elle être accessible à tous ?

Oui, en misant sur des modèles compacts et abordables, il est possible de rendre la mobilité électrique accessible à un plus large public, ce qui est une clé pour la revitalisation de l’industrie et pour la sécurité sur les routes.